Pourquoi je devais aller à l’hôpital ?

200314203001.jpg
Il y a quelques jours, par un concours de cironstances dont je vous ferai grâce des détails (grave crise hémorroïdale), j’ai eu le loisir d’être l’hôte de notre dispositif hospitalier (en clair je me suis retrouvée à l’hosto). Il me faut avouer que j’entretiens depuis toujours une relation ambigüe avec cette institution. En effet, contrairement à la plupart des gens sains de corps et d’esprit, j’ai de l’affection pour les hôpitaux.

Jusqu’à ce jour, l’hôpital avait toujours évoqué des souvenirs tendres; mon premier kiki, reçu après mon opération de l’appendicite, de gentilles voisines hoctogénaires qui m’avaient appris à tricoter avec des épingles à cheveux en plastique rose, sans parler des naissances!!!! Mon petit frère, nous avons trop peu d’écart pour que je m’en souvienne, mais ma petite soeur, je m’y revois comme si c’était hier… De purs moments de bonheur. Découvrir un nouvel être humain qui existera désormais dans votre vie… c’est un privillège et un moment unique.

La mémoire retient les souvenirs en couleurs. Les miens étaient roses.

Aussi en arrivant dans ma nouvelle chambre, je n’avais pas au départ d’appréhension. C’était une expérience que je devais vivre…OK. Et puis, les jours passent et la réalité efface le souvenir. J’ai toujours été une solitaire, mais là, j’ai découvert une solitude différente, une qui ne se choisit pas, une qui se subit…Comme tout du reste à l’hôpital.

Alors je suis devenue triste. Et ça devait se voir parce qu’une femme m’a regardée et m’a dit « il faut sourire, la vie est belle ». Cette femme avait la moitié du visage paralysée ce qui rendait son élocution difficile. Ses mots se devinaient plus qu’ils ne s’entendaient mais la femme ne semblait pas s’en soucier et son flot était interminable. Elle avait failli mourir 3 fois, dans un accident de voiture, d’une maladie qui lui avait laissé cette paralysie faciale et d’un cancer. Elle avait survécu et me regardait avec cette tendresse et cette générosite si rares que seuls les gens qui ont vraiment souffert peuvent offrir.

Parfois, on ne sait pas bien pourquoi les choses nous arrivent. Parfois, on le sait.

J’ai beaucoup réfléchi et finalement je crois que je devais aller à l’hôpital… Et pas pour des raisons hémorroïdales, mais pour une piqûre…

…une piqûre de rappel pour ne pas oublier que la vie est belle.

Une réponse à “Pourquoi je devais aller à l’hôpital ?”

  1. véro dit :

    Bonsoir,
    c’est vrai que l’on a tendance a se laisser envahir par nos problemes mais les bons souvenirs sont bien là il suffit d’y penser et de suite la vie nous parrait plus belle.
    Véro

Laisser un commentaire